L'usage quotidien de l'IA a plus que doublé aux États-Unis en six mois
Deux enquêtes Epoch AI/Ipsos montrent que la part d'adultes américains utilisant l'IA quasi quotidiennement est passée de 8 % en mars 2026 à 19 % en août, tandis que l'usage occasionnel recule. Epoch précise que les deux vagues méthodologiques diffèrent, ce qui pourrait même sous-estimer l'usage réel.
Cette bascule vers un usage quotidien de l'IA concerne aussi les campus, où un étudiant sur cinq pourrait déjà interagir avec ces outils presque tous les jours. Les chartes et politiques d'établissement pensées pour un usage occasionnel ou exceptionnel deviennent rapidement obsolètes face à cette intensification des pratiques. Cela impose de repenser l'évaluation, l'accompagnement pédagogique et la formation des enseignants à un rythme d'usage bien plus soutenu qu'anticipé.
Analyse produite par l’AI Transformation Office de l’ISC Paris, co-écrite avec Claude (Anthropic).
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Reuters recense plus de 100 000 suppressions de postes liées à l'IA depuis un an, la banque en tête
Un recensement de Reuters, mis à jour le 22 octobre, comptabilise plus de 100 000 suppressions de postes liées à des réorientations d'investissements vers l'IA depuis octobre 2025, la finance (HSBC, Standard Chartered, Barclays) et la tech (Amazon, Microsoft) étant les secteurs les plus touchés.
Les métiers de support en banque-assurance et en technologie, débouchés traditionnels de nombreuses formations supérieures en gestion et en informatique, sont directement concernés par ces suppressions de postes. Les établissements doivent revoir leurs référentiels de compétences, renforcer l'accompagnement à l'insertion professionnelle et préparer les diplômés à des métiers transformés par l'automatisation plutôt qu'à des postes menacés de disparition.
Boston : étudiants et enseignants quittent leurs cours pour réclamer un gel du développement de l'IA
Le 20 octobre, des étudiants, enseignants et personnels de plusieurs universités de Boston se sont rassemblés pour réclamer un gel du développement de l'IA tant que des garanties de sécurité ne sont pas en place, ainsi qu'une régulation par l'État. Les organisateurs invoquent l'emploi des futurs diplômés, la démocratie, la protection des données et le climat.
Cette mobilisation rappelle que le rapport des communautés universitaires à l'IA dépasse la seule question des usages pédagogiques et touche à l'emploi, à l'éthique et à l'environnement. Une politique IA d'établissement gagnerait à intégrer des espaces de débat et de contestation, pas uniquement des formations aux outils, pour ne pas ignorer ces inquiétudes légitimes des étudiants et enseignants-chercheurs.
États-Unis : les effectifs administratifs des universités reculent pour la première fois depuis des décennies
Selon l'enquête annuelle de CUPA-HR menée auprès d'environ 1 000 établissements américains, les effectifs administratifs à temps plein des universités ont baissé de 6,6 % en 2025 et ceux à temps partiel de 23,9 %, après des hausses en 2024. Certains universitaires y voient un effet de l'automatisation par l'IA, bien que CUPA-HR n'explique pas cette baisse et qu'un économiste juge prématuré de l'attribuer uniquement à l'IA plutôt qu'aux contraintes budgétaires.
Les fonctions support apparaissent comme le premier terrain d'automatisation visible dans les établissements d'enseignement supérieur, avant même les fonctions pédagogiques. Les directions des ressources humaines des universités ont intérêt à anticiper une montée en compétences de ces équipes plutôt que de subir des non-remplacements au fil des départs, en distinguant clairement l'effet IA des contraintes budgétaires structurelles.